Cet été ma famille a connu un bouleversement énorme, un changement qui marque le temps et la vie de tous ses membres. Après 16 ans de vie commune, notre couple n’est plus. Donc ma famille, telle que je l’aie toujours connue, n’existe plus. Elle passe tranquillement à la version 2.0 qui se définit un jour à la fois.

Depuis les dernières semaines, je découvre donc la portée concrète du mot résilience. À quel point confrontés à la douleur ou aux défis, nous arrivons à faire face à la musique et ce malgré la peine ou les peurs qui nous habitent. Mes filles, pour lesquelles j’ai longtemps hésité avant de faire le saut, me le prouvent plus que tout. Elles développent leur système “D” qui repose sur le principe qu’elles seront toujours là l’une pour l’autre. Que cette réalité est immuable et ce, malgré les chicanes qui saupoudrent leur quotidien et le nôtre… Et je l’ai réalisé particulièrement lors d’une nuit, par une petite anecdote toute simple.

Lorsqu’elles passent la semaine avec moi, nous partageons la même grande chambre pour le dodo. Une nuit, Magalie se réveille en pleurant à cause d’un mauvais rêve. La chambre étant plongée dans l’obscurité, merci à la veilleuse qui nous a lâché sans crier gare, Magalie cherche à comprendre où elle se trouve. Et là, au lieu d’appeler “Maman?” ou “Papa?“, c’est plutôt le nom de sa grande soeur qu’elle lance dans le noir afin de trouver réconfort et sécurité. Et Macha de lui répondre à moitié endormie “Qu’est-ce qu’il y a Maggie?…” Disons que ça m’a un peu surprise de les voir gérer entre elles ce petit moment de crise.

Après avoir consolé et recouché ma fille, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette réaction aussi instinctive qu’elles ont eu à moitié endormies. Mes filles dorment ensemble depuis toujours et la seule chose qui n’a pas changé dans leur vie depuis les dernières semaines c’est justement cette donnée. Toujours dormir dans la même chambre que sa soeur. À voyager entre deux maisons, parfois elles ne savent plus très bien si c’est Papa ou Maman qui dort dans la pièce d’à côté. Donc, quand l’insécurité fait surface, c’est vers l’autre qu’elle se tourne.

Malgré le fait que cela m’ai troublée de ne pas être celle que ma fille appelle en premier, je suis heureuse de constater que la confiance et la relation soient si forte entre mes enfants. Je sais qu’elles seront toujours là l’une pour l’autre, malgré les vents et les tempêtes, malgré leur tempérament si différent, malgré ce que la vie leur donnera à vivre.

Dormez bien mes deux amours. Maman veille sur vous même si, une semaine sur deux, c’est forcément d’un peu plus loin…